Le 10e !

BOURGOGNE-UNE (1)Au boulot (jusqu’en août) avec mon prochain (le 10e) CurioGuide (Éditions Jourdan) consacré à la Bourgogne, terre de mes lointains ancêtres. Quel plaisir à retrouver ces lieux arpentés dans les pas des Compagnons-Bâtisseurs, des cisterciens, des vignerons, d’Henri Vincenot, chantre de la Bourgogne (merci à sa fille pour certains documents), de Lamartine, aussi…

Haie du déshonneur : « soigneurs contre saigneurs » (Fréquence Terre-RFI)

FT6Ma chronique de ce samedi 23 mai 2020 :

Il y a quelques jours, Sophie Wilmès, Première ministre libérale belge, rendit visite au personnel soignant de l’Hôpital public Saint-Pierre de Bruxelles afin de lui rendre hommage, elle qui avait retiré quelque 900 millions d’euros au budget Santé, parmi d’autres actes politiques catastrophiques pour la population.

Elle fut accueillie par une immense « haie de déshonneur » formée  d’une centaine d’infirmières, médecins, ambulanciers…

Par cette action pacifique et hautement symbolique, ils lui firent part de leur juste colère et qu’ils n’étaient plus enclins à subir une politique ultralibérale faite de réductions et suppressions de personnel et matériel réalisée au nom du rendement économique, donc au détriment d’une véritable politique de santé, comme ils souhaitent la pratiquer.

Les exemples concrets sont multiples en Belgique : neuf ministres de la Santé, oui neuf !, dans six gouvernements comptant six parlements et une kyrielle d’élus pour en arriver à une situation dramatique, malgré les signaux d’alerte lancés par les travailleurs de terrain.

Pas de masques, ni de gel, ni d’appareils respiratoires, un personnel médical devant agir dans des conditions indignes, alors que le taux de décès dans les maisons de repos s’avère scandaleux et, que, déjà, quelque 10.000 citoyens sont décédés, ce qui fait que pour 11 millions d’habitants, la Belgique se classe en tête du nombre de morts du COVID-19 par nombre d’habitants !

Et, pendant ce temps des milliards sont dépensés pour des avions de chasse, des cadeaux financiers continuent d’être faits aux grosses fortunes et aux multinationales.

Dans le fond, cette haie du déshonneur, qui ne fit pas plaisir à de nombreux politiciens, contenait en elle toute la volonté des citoyens d’en finir avec cette politique dévolue au grand capital.

Dans son édito de Charlie Hebdo du 20 mai, soit quatre jours après la haie de déshonneur belge, Riss est très lucide : « On est trop polis, on est trop gentils, on est trop respectueux avec ceux qui nous marchent dessus et nous méprisent. Il n’y aura rien de neuf après le COVID-19 si on se contente de faire des propositions qui seront aussitôt ridiculisées et dénigrées. Il faut arrêter d’être trop raisonnables et refuser que notre liberté soit emprisonnée par les délires de ceux qui nous asphyxient depuis des décennies avec leur vision si médiocre de la vie. Il faut leur apprendre à craindre de voir notre folie devenir plus grande que la leur. »

FT2À Bruxelles, et aux yeux du monde entier, puisque les images de la haie de déshonneur ont fait de manière virale – ça ne s’invente pas, ça ! – le tour de la planète, un signal fort a été lancé aux décideurs de tous horizons avec cette « folie », comme dit Riss, qui est réellement basée sur une « nouvelle société ».

Il est temps, grand temps, de passer des mots à une action responsable contre la « séduction toxique » des ultralibéraux et leurs lots de « gadgets séduisants », telle la 5G, au détriment des élémentaires outils de travail de ceux habilités à soigner, par exemple. Cette haie du déshonneur, c’était soigneurs contre saigneurs, en somme !

Photos : prises d’écran de documents publiés par des membres du personnel de l’Hôpital Saint-Pierre de Bruxelles.

Bretagne et Normandie Mystérieuses

Puisque, été post-confinement oblige, beaucoup de Français.es vont (re)découvrir leur pays, je travaille quelque cinquante pistes insolites, mystérieuses, surprenantes bretonnes et normandes visitées, pour leur proposer mon 9e Poche aux Éditions Jourdan ! Alan Stivell (vu en concert dans les années ’70) m’accompagne au turbin…

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Justice, argent, vérité et… déconfinement

Pour cette cinquième chronique sur Fréquence Terre-RFI consacrée aux éditoriaux d’Albert Camus parus dans le quotidien Combat, j’ai choisi le thème Justice-Vérité que l’avocate et romancière Hannelore Cayre a également abordé dans un récent article du Vif-L’Express.

Soixante-quinze ans séparent les citations qui, pour Camus se situaient en 1944, alors que se terminait le cataclysme nazi, et en 2020 pour Hannelore Cayre, en plein cataclysme sanitaire du COVID-19.

Pour Albert Camus « un monde où l’on peut obtenir n’importe quel poste, sans que soit exigée la compétence, ou pour le moins une certaine vertu, est un monde qui porte en lui déjà le germe de sa propre destruction » et « une société basée sur l’argent ne peut prétendre à la grandeur ou à la justice. ».

À la rigueur, selon lui, « ceux qui ont choisi de vivre pour l’argent ne trouveront d’excuses que s’ils démontrent qu’ils acceptent les responsabilités de leurs privilèges. »

Et de clamer : « Quoi qu’en pensent les sages et les sceptiques, il n’y a jamais qu’une politique pour un gouvernement, celle de la vérité. »

Quant à Hannelore Cayre, elle assène d’une traite chez nos confrères : « Je n’ai absolument pas soif de justice. Je n’en ai rien à foutre de la justice. J’ai soif de la vérité. Ce n’est pas pareil. La justice c’est du flan. On traitera toujours les plus puissants bien mieux que personne et ça ne changera rien. La liberté, c’est quelque chose de tarifié, en justice.

Si vous avez 10.000 euros, je vous sors de prison. Si vous ne les avez pas, vous y restez. Le monde ne sera pas plus solidaire une fois déconfiné. »

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