Le pharaon noir de Christian Jacq (Pocket)

 

 

« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

9782221086254FS.gifChristian Jacq est parfois fort décrié dans certains milieux, mais il n’en reste pas moins un auteur apprécié par des millions de lecteurs comme en témoignent plusieurs de ses ouvrages classés parmi les meilleures ventes depuis des décennies. Avec « Le pharaon noir » paru chez Pocket, cela doit bien être le dixième ou douzième ouvrage que j’ai lu de cet auteur, dont le prodigieux « Le moine et le vénérable ».

Certes, je n’ai pas les connaissances suffisantes en égyptologie pour juger de la crédibilité historique de ce roman, en revanche, je peux dire que de la première à la dernière page, j’ai été littéralement captivé par la trame des faits décrits. Ceux mettant principalement en scène, cinq siècles après Ramsès, le « pharaon noir », un Nubien particulièrement attentif à son peuple et aux cultes, que rêve de détrôner un prince libyen ne reculant devant aucune turpitude pour arriver à ses fins.

Ce qui m’a frappé, c’est une certaine coïncidence entre cette situation et celle vécue, sous différents régimes, en ce début de XXIe siècle.

Ainsi, en 730 avant Jésus-Christ, l’auteur fait dire à différents acteurs ces phrases étonnement d’actualité : « Les temps heureux ont disparu à jamais, vivre devient un fardeau. Comment croire aux promesses des hommes de pouvoir ? Ils n’ont d’autre but que leur enrichissement personnel, et leurs belles paroles ne séduisent qu’eux-mêmes. (…) Jamais il ne faut accorder sa confiance aux hommes avides de pouvoir » et, encore : « Des milliers de gens ne trouvent plus de travail, le prix des denrées augmente sans cesse, les dieux ne sont plus vénérés, l’injustice et la corruption règnent en souveraines incontestées… »

 

Mais, heureusement, il y a cette petite lumière qui jaillit des ténèbres : « Le désert et la terre cultivée sont étrangers l’un à l’autre, ils ne se marient pas et, pourtant, l’un fait comprendre la nécessité de l’autre. »

 

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Les permissions de mai de Jean Anglade (Pocket)

 

 

51VuNEojyiL__.jpg« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

Je ne me lasse pas de lire du Jean Anglade et, avec « Les permissions de mai », j’en suis bien à plus de vingt titres de celui qui est surnommé le « Pagnol auvergnat ».

Ici, le décor est planté à Thiers, la capitale de tout ce qui coupe (couteaux, ciseaux…) mais aussi des fourchettes, cuillers, louches, pelles à tartes, avec comme principaux acteurs les Pitelet, couteliers, et, surtout, leur fille, Gilberte, institutrice, des ouvriers, autorités locales, l’envahisseur allemand et leurs copains de Vichy, ensuite, des techniciens de l’après-guerre, des « mutants » de Mai 68…

Tout en décrivant avec talent la société, Jean Anglade marie également l’humour, parfois décapant. Ainsi, au sujet d’un homme politique, il dit : « Divers présidents du conseil avaient exploité ses diverses incompétences pour faire de lui un prudent sous-secrétaire d’État et même un ministre… »

Et, aussi, de s’en prendre au sinistre Pierre Laval adepte d’une Europe où flotterait le drapeau à croix gammée, une Europe sans juifs, sans francs-maçons, sans socialistes, sans communistes, avec 25 millions de Français en sabots grattant la terre, les autres morts ou annexés par des États circonvoisins. 

Et, Jean Anglade, de lancer ce cri du cœur : « L’Europe, on veut bien, mais pas dans ces conditions. »

La littérature de terroir sait, aussi, se montrer militante pour de bonnes causes !

L’Incroyable Histoire de Mademoiselle Paradis par Michèle Halberstadt (Livre de Poche)

« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

9782253134602-T.jpgJ’ai littéralement dévoré « L’Incroyable Histoire de Mademoiselle Paradis » merveilleusement écrite par Michèle Halberstadt et publiée en Livre de Poche.

 

« Rien n’y fera. Ni le silence ni le bruit. Ni la glace ni la chaleur. Ni les prières ni les sanglots. Ni la science ni la médecine. La nouvelle, en huit jours, fera le tour de Vienne. La fille unique du conseiller de l’Impératrice, la petite Maria Theresia von Paradis, a perdu la vue. »

 

Nous sommes au XVIIIe siècle, Mademoiselle Paradis a dix-sept ans, elle est belle, gracieuse, devenue une pianiste virtuose et réputée, appréciée par Mozart, quand un certain Messmer, pauvre enfant venu d’Allemagne, devenu homme puissant, envié, reçu à la Cour, à la fois artiste de talent, scientifique, magnétiseur, guérisseur…, décide de s’occuper du handicap de la jeune fille.

Ils tombent follement amoureux l’un de l’autre : « En amour, seule la souffrance est source d’enseignements », explique alors l’auteur.

Et, petit à petit, la lumière retrouvée va faire à nouveau place aux ténèbres. La jalousie et la hargne des mandarins de la médecine officielle vont-elles définitivement anéantir le couple ?

Mozart a écrit un concerto pour Maria Theresia, le K 456 : fait avéré ou légende ?

 

Me voici édité en « Poche » !

!cid_3_4018111524@web172904_mail_ir2_yahoo.jpg!cid_4_4018111524@web172904_mail_ir2_yahoo.jpg¨Pas mal, non ? » me communique mon éditeur en légende des photos ci-contre au sujet de mes « Meurtres au féminin« , « Grands Procès » et « Crimes d’amour » et d’autres ouvrages publiés aux Éditions Jourdan et PIXL. Quel auteur ne serait-il pas heureux de se retrouver en compagnie aussi prestigieuse que les Max Gallo, Amélie Nothomb, Paulo Coelho, Giacometti-Ravenne, dites-moi ?

La conjuration de la Sixtine par Philipp Vandenberg (Livre de Poche)

« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 « Garder le silence n’est-ce pas le plus horrible des mensonges ? » interroge Philipp Vandenberg dès la première page de son roman « La conjuration de la Sixtine » paru en Livre de Poche.

 

51H25TAEJDL__SL160_.jpgOui, bien sûr, alors c’est une longue histoire, entrecoupée de maintes citations et expressions latines et italiennes, de références bibliques également, qui nous mène au cœur de la célèbre chapelle Sixtine et, bien entendu, de la magistrale peinture de Michel-Ange. Celle-ci est l’objet d’une énigme menée de main de maître ; énigme dont le décryptage risquerait d’être préjudiciable à la curie et à l’Église tout entière, dit encore l’auteur.

Effectivement, quelle signification peut-on donner aux caractères A-I-F-A-L-U-B-A retrouvés parmi les fresques au plafond ?

L’énigme se poursuit, avec de multiples rebondissements, quand un cardinal se retrouve aux prises avec des écrits conservés secrètement, comme le furent des livres de Copernic, des documents de Galilée,  les prophéties attribuées à Malachie, l’enregistrement  des aveux extorqués par l’Inquisition sous la torture, des déclarations faites aux enfants bergers de Fatima et, donc, je cite « un effroyable mystère se cachant derrière Michel-Ange et son art ».

« Le savoir affole l’ignorance« , explique aussi Philipp Vandenberg. Au lecteur de faire la part entre des faits historiques et la fiction !

Le Flibustier de Joseph Conrad (Levoir)

« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

Dans la collection « Les Oubliés du Nobel », il y a Joseph Conrad et « Le Flibustier » aux côtés de Kafka, Marcel Proust, Émile Zola, Léon Tolstoï… et c’est amplement mérité, selon moi !

Joseph Conrad fut navigateur et ses voyages l’emmenèrent en Australie, en Palestine, à Calcutta, Bangkok, Singapour, Madras, au Congo…, avant d’être un écrivain de grand talent et d’explorer des âmes tourmentées, telles celles des quatre ou cinq principaux personnages de ce roman écrit en 1923. Il y est question de royauté, de république, de sans-culottes, de Nelson, de Bonaparte, du vieux flibustier à la retraite dans son village natal, du moins, le croyait-il, jusqu’au jour où un lieutenant de la marine vint le trouver et lui parler d’une mission dangereuse en mer : « Un coup à porter pour gagner une grande victoire navale » au détriment des Anglais mouillant face à Toulon.

 

Mais, une question tarauda aussitôt le flibustier : « Et si les Anglais étaient en réalité complètement stupides, ou très malins ?« 

 

Pour la petite histoire, il faut savoir que Joseph Conrad est né en Ukraine de parents polonais, qu’il s’engagea dans la marine française avant de se faire naturaliser… anglais !

 

Trois amours de Cronin (Livre de Poche)

 

« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

trois-amours-92001-250-400.jpgParmi les nombreux ouvrages d’Archibald Joseph Cronin, médecin anglais du début du XXe siècle, qui écrivait pour se distraire, je n’avais pas encore lu « Trois amours ». C’est chose faite de cette saga de quelque 700 pages aussi sombre qu’une nuit sans lune. Il s’agit des trois grandes parties de la vie de Lucy Moore, mariée à Frank, un homme à l’humour chagrin, un peu mou, travailleur sans ambition. Elle tente tout pour qu’il s’élève dans la société, mais, malgré elle, il se réfugie dans les bras de sa cousine, Anna. Il quitte même le domicile conjugal et trouve la mort lors d’une tempête en mer avec sa maîtresse, laissant Lucy et leur jeune fils Peter désemparés.

 

Alors, la jeune veuve sacrifie près de deux décennies de son existence à faire de son enfant un médecin réputé. Elle travaille dans un milieu hostile, économise un maximum au point de se faire arracher deux dents malades sans anesthésie afin de ne pas trop dépenser. Puis, Peter tombe amoureux de Rosie, ce qui déplaît fortement à Lucy. Son fils lui tourne le dos et c’est le deuxième cuisant échec pour cette mère étouffante et castratrice.

 

Enfin, à l’âge dit moyen, elle entre en religion en espérant trouver la paix de l’âme et consacrer le reste de sa vie à Dieu.

 

Au couvent belge où elle est accueillie, la vie s’apparente à un enfer sous la férule de supérieures acariâtres, despotes, violentes et, au bout de quelques mois, elle fuit ce milieu en clamant : « Je suis entrée dans ce couvent avec le désir de m’élever jusqu’à Dieu et vous m’avez toujours abattue, fait retomber dans je ne sais quoi de mesquin et de pitoyable. Vous m’avez tout enlevé. »

 

Elle retrouve l’Angleterre, vaille que vaille, et c’est l’ultime étape d’une vie tourmentée qui place le lecteur dans la tristesse et la révolte, la colère et l’écœurement, la compassion et l’incompréhension. Le personnage pathétique de Lucy Moore ne peut, en aucun cas, laisser indifférent.