Sur les pas et dans les pages de Victor Hugo (7)

 

Villers la Ville4.JPGVillers-la-Ville

 

Comme on le sait, Victor Hugo visita et habita à plusieurs reprises la Belgique. Lors d’un séjour, il se rendit à l’abbaye – déchiquetée  – de Villers-la-Ville, un site construit à la demande de saint Bernard qui, en janvier 1147, conseilla à la petite communauté monacale locale de croître. Après une longue période de prospérité, ce fut le déclin et les ruines témoignent des mutilations irréversibles infligées à la majestueuse église et à ses dépendances. Fin 2013, un camion emboutit d’ailleurs une partie de ce remarquable témoignage moyenâgeux.

  Victor Hugo découvrit en ces lieux une geôle située près du palais abbatial et de la cour d’honneur. Il en fit un cachot dans « Les Misérables ». D’abord niée, puis reconnue du bout des lèvres, cette histoire véridique est aussi liée à une terrible colère de l’écrivain, comme nous le découvrirons ci-après.

 

Alors, cette description de la « prison » de Victor Hugo qui fit tant couler d’encre ?

 

« C’est là du Moyen Âge que tout le monde a sous la main, à l’abbaye de Villers, le trou des oubliettes au milieu du pré qui a été la cour du cloître, et, au bord de la Dyle (il s’agit de la Thyle), quatre cachots de pierre, moitié sous terre, moitié sous l’eau. C’étaient des in-pace. Chacun de ces cachots a un reste de porte de fer, une latrine, et une lucarne grillée qui, dehors, est à deux pieds au-dessus de la rivière, et, dedans, à six pieds au-dessus du sol… Le sol est toujours mouillé.

 

L’habitant de l’in-pace avait pour lit cette terre mouillée. Dans l’un des cachots, il y a un tronçon de carcan scellé au mur ; dans un autre, on voit une espèce de boîte carrée faite de quatre lames de granit, trop courte pour qu’on s’y couche, trop basse pour qu’on s’y dresse. On mettait là-dedans un être avec un couvercle de pierre par-dessus. Cela est. On le voit. On le touche.

 

Ces in-pace, ces cachots, ces gonds de fer, ces carcans, cette haute lucarne au ras de laquelle coule la rivière, cette boîte de pierre fermée d’un couvercle de granit comme une tombe, avec cette différence qu’ici le mort était un vivant, ce sol qui est de la boue, ce trou de latrines, ces murs qui suintent, quels déclamateurs ! »

Et qu’en fut-il de la colère de Victor Hugo ? Tel un imagier du Moyen Âge sculptant dans la pierre des histoires, Victor Hugo voulut édifier les gens « illettrés » afin qu’ils prennent conscience de leurs bêtises, et il commit lui-même un graffiti injuriant les auteurs de graffitis :

 

 « Veni, vidi, flevi

 

Ô fats ! Sots parvenus, ô pitoyable engeance

 

Qui promenez ici votre sotte ignorance

 

Et votre vanité

 

Cessez de conspuer cette admirable ruine

 

En y bavant vos noms qui, comme une vermine

 

Souillent sa majesté ! »

 

 « Tour à tour, poète classique, monarchiste, pamphlétaire et défenseur des pauvres, poète romantique, protecteur des humbles et romancier historique, libéral, napoléonien, poète satirique, lyrique et dramaturge, républicain et adversaire acharné de la peine de mort, dessinateur, humaniste et visionnaire épris de spiritualité (« La conscience de l’homme est la pensée de Dieu. »), cet homme de valeur représente le combat de la lumière et du progrès contre l’intolérance, l’ignorance et l’obscurantisme ; de la justice contre l’iniquité et la misère ; de la liberté contre l’arbitraire, l’oppression, la tyrannie et la dictature », ai-je dit dans mon commentaire lors d’une émission télévisée (RTBF et TV5 Monde).

 

Et, je peux ajouter que Victor Hugo est l’incarnation-même de cet esprit rationnel qui, par petites touches successives, s’ouvre à l’« Autre dimension » :

 

« Le premier arbre de la Liberté est cette croix sur laquelle Jésus-Christ s’est offert en sacrifice pour la liberté, l’égalité et la fraternité du genre humain… Vive la Liberté universelle ! Vive la République universelle ! » s’écria-t-il.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Hubert Reeves en donneur de leçons

Humeur verte1.jpgHumeur verte : l’actu déjantée vue depuis Bruxelles, Capitale de l’Europe,  par Pierre Guelff.

Il n’y a absolument rien de péjoratif en citant Hubert Reeves, comme étant un donneur de leçons, puisqu’il s’est retrouvé, il y a quelques jours, au Parlement européen devant 250 étudiants et qu’il répondait à leurs questions. L’astrophysicien, penseur des temps modernes et militant écologique engagé, s’adressa avec humilité à son auditoire et j’ai relevé quelques-uns de ses propos émanant d’un bon sens qui fait tellement défaut à nos décideurs, politiciens, économistes, industriels et, surtout, banquiers.

« Notre monde merveilleux existe depuis des milliards d’années et chacun d’entre nous en fait partie, dit-il. Nous sommes tous des poussières d’étoiles ! Certes, on peut rêver mais il faut garder les pieds sur terre. Ainsi, il faut mettre la pression pour que les dirigeants tiennent leurs promesses. C’est pourquoi, je talonne Monsieur le président Hollande quant à la biodiversité ! Il ne faut pas laisser faire n’importe quoi avec le nucléaire, les OGM… et je donne le conseil suivant aux jeunes : soyez vigilants ! Ce que nous faisons aujourd’hui sur cette planète menacée aura un impact majeur dans le futur, or il faut que  nos enfants et petits-enfants profitent aussi d’une vie convenable. »

À la question de savoir s’il était optimiste ou pessimiste quant à l’avenir de l’humanité, Hubert Reeves cita Jean Monnet, un des pionniers de l’idée européenne : « L’important ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, c’est d’être déterminé à faire ce que l’on pense qu’il y a lieu de faire. »

Hubert Reeves dit encore qu’il aime beaucoup la vie, propager la science, se promener dans la forêt, écrire des livres, écouter de la musique classique, mais qu’il faut, avant tout, respecter la liberté et le choix des autres. Nos décideurs industriels, économiques et politiques ont-ils aussi entendu cet homme sage leur crier que si on continuait à vider les océans, par exemple, c’était foutu ?

Et, pour l’audio :

http://www.frequenceterre.com/2014/01/01/hubert-reeves-en-donneur-de-lecons/

Citoyens-consommateurs et imbéciles

Humeur verte1.jpgHumeur verte : l’actu déjantée vue depuis Bruxelles, Capitale de l’Europe,  par Pierre Guelff.

 

 C’est à la mode ! Quasiment chaque chaîne française de radio ou de TV, a son chroniqueur belge, avec ou sans accent, avec ou sans la frite : France 2, France Inter, Canal+, RTL et j’en passe.

 

À Fréquence Terre, la Radio Nature par excellence, un Belge, votre serviteur en l’occurrence, sévit déjà depuis sept ans avec « Littérature sans Frontières » ; alors, les cadors de la station ont décidé de sortir aussi « leur » Belge pour commenter l’actu de manière déjantée avec la chronique « Humeur verte ».

 

Pourquoi « verte » ? Parce qu’il s’agira d’écologie, bien sûr, mais humeur verte, aussi, comme âpre, rude et vive, ces qualificatifs devant être pris pour l’expression de commentaires sans concession… même pour les Verts : qui aime bien châtie bien ! Sans concession ne voulant pas dire grossier, vulgaire ou irrespectueux, n’est-ce pas. Jugez-en.

 

Il y a une semaine, et cela ne semble pas avoir été démenti depuis lors, on a appris, même dans les couloirs de la Communauté européenne, le gros « machin » de Bruxelles pour paraphraser le général de Gaulle, on a donc appris qu’un nouveau trafic de viande chevaline avait été découvert dans le Sud de la France. Des chevaux revendus pour la consommation humaine après avoir – parfois – servi dans l’industrie pharmaceutique. En prime à cette info déjà scandaleuse en elle, j’ai entendu un prétendu magistrat déclarer, sans rire, que cette viande impropre à la consommation, a priori, ne présentait aucun danger. Il faudra qu’on m’explique la différence qui existe entre ces « subtilités » (ou sottises, pour ne pas dire conneries) juridiques et le fait de prendre les citoyens-consommateurs pour des imbéciles, quand bien même vous pourriez me trouver trop à cheval sur les principes…

 

 

 

Humeur verte : chaque mercredi à 16 heures sur Fréquence Terre

 

Humeur verte1.jpgC’est à la mode ! Quasiment chaque chaîne française de radio ou de TV, a son chroniqueur belge, avec ou sans accent, avec ou sans la frite : France 2, France Inter, Canal+, RTL et j’en passe.

 

À Fréquence Terre, la Radio Nature par excellence, un Belge, votre serviteur en l’occurrence, sévit déjà depuis sept ans avec « Littérature sans Frontières » ; alors, les cadors de la station ont décidé de sortir aussi « leur » Belge pour commenter l’actu de manière déjantée avec la chronique « Humeur verte ».

 

Dans les pas et les pages de Victor Hugo (6)

 

Paris ND parvis.jpg FT.jpg « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 


Paris

 « Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde », clama Victor Hugo,  l’écrivain et poète parmi les plus célèbres de la littérature française. Inutile de préciser que c’est avec beaucoup d’émotion, qu’à plusieurs reprises, j’ai visité sa maison à la place des Vosges, au numéro 6. C’est en 1832, que Victor Hugo emménagea au deuxième étage du vieil hôtel Rohan-Guéménée et y attira le « Tout-Paris » littéraire et de la politique. Dans un salon en damas de soie rouge, on y vit défiler Théophile Gautier, Alfred de Musset, Honoré de Balzac, les Lamartine, Vigny, Nerval, Liszt, Berlioz, Rossini…

 C’est dans cette demeure de la Place Royale, devenue Place des Vosges, qu’il écrivit quelques-unes de ses plus importantes œuvres : « Marie Tudor », « Ruy Blas », « Les Chants du crépuscule », « Les Voix intérieures », « Les Rayons et les ombres » et, en partie, « Les Misérables », « La légende des siècles », « Contemplations »…  Il devint académicien, pair de France, fut élu député, rencontra Juliette Drouet, maria sa fille Léopoldine à Charles Vacquerie, qui se noieront sept mois plus tard…

 

 

 

 

 

 

 

 

 Trois photos de la cathédrale Notre-Dame de Paris chère à Victor Hugo.

En parcourant ces lieux illustres, c’est « pénétrer dans un monde intérieur ». Effectivement, on y trouve maints objets chers à Hugo, parfois utilitaires, et puis, il y a des écrits, des photographies, des sculptures, des tableaux… qu’il a regardés, admirés, touchés, déplacés, rejetés. Parmi les multiples pièces de cette maison-musée, j’ai vu une statue de Bouddha, le pouce et l’index d’une main se touchant par les bouts et cela rappelle le « dharmaçakra », geste rituel de l’hindouisme et du bouddhisme symbolisant une attitude spirituelle.  Face à cette statue, Victor Hugo médita-t-il ? Souffrait-il ? Avait-il peur ? De qui ? Pourquoi ? Il quitta la place des Vosges quand, le 24 juin 1848, des balles furent tirées vers sa demeure :

 « Quatorze balles ont frappé ma porte cochère, onze en dehors, trois en dedans. Un soldat de la ligne a été atteint mortellement dans ma cour. On voit encore la traînée de sang sur les pavés… »

 Parmi les nombreux documents originaux présentés, j’ai remarqué que Victor Hugo signa de ses initiales accolées et un « Je t’haïme » qui en dit long sur son parcours affectif et amoureux. Un peu plus loin, j’ai noté trois phrases, parmi des centaines, qui me touchent :

 « Aimer, c’est agir », « Je suis l’être incliné qui jette ce qu’il pense ; qui demande à la nuit le secret du silence » et « La conscience de l’homme, c’est la pensée de Dieu ».

Un quatrième écrit ne cesse, lui, de m’interpeller :

« Vieillir, sombre déclin ! L’homme est triste le soir ;

Il sent l’accablement de l’œuvre finissante.

On dirait par instants que son âme s’absente. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franc-Maçonnerie et image de Percy John Harvey (MdV Éditeur)

PHOTOS 2009 Temple maçonnique Mons 004.jpg« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

 

 

Rien ne vaut un dessin, une image ou une photo par rapport à un discours, dit-on parfois. Ainsi, pour expliquer la franc-maçonnerie, Percy John Harvey a choisi l’image et l’éditeur Maison de Vie pour « approfondir le vécu et la signification » de chacun des trois grades maçonniques, c’est-à-dire l’Apprenti, le Compagnon et le Maître.

 

Cette idée particulièrement originale devrait contenter les profanes avides d’en connaître davantage sur cette société initiatique qui, souvent, fait couler beaucoup d’encre, et ravir les initiés qui trouvent ou retrouvent des éléments susceptibles de parfaire leur travail en Loge.

 

« Véritablement novateur dans sa présentation qui fait une large place à l’image, ce livre deviendra vite un outil de référence indispensable à toute personne intéressée par le « fait » maçonnique », est-il encore précisé.

 

Parfois, il s’agit, aussi, d’un rappel de préceptes quelque peu oubliés, galvaudés ou occultés au fil du temps.

 

Ainsi, la chouette portant une paire de lunettes et entourée de cierges allumés, signifie : « À quoi servent les flambeaux et torches et bésicles pour qui ferme les yeux afin de ne point voir ? »

 

Tout au long de cet ouvrage, il s’agit de la « force de l’image qui offre de nombreux repères et portes d’accès à ce monde mystérieux et souvent mal compris qu’est celui des temples maçonniques. »