Angela Davis

Ouf ! La patience et l’obstination récompensées ! Je devais rencontrer « en présentiel » Angela Davis (militante emblématique des Droits humains, passablement controversée) l’an dernier à Bruxelles, mais le rendez-vous fut annulé (pandémie) et, après maints contacts, voici une « rencontre virtuelle » dont je vais tirer la quintessence grâce à l’autorisation et aimable intervention de Stéphane D. du Forum des Droits humains à Genève (FIFDH).

Cadeau !

Heureux ! Je viens de me faire un cadeau en acquérant les droits de reproduction de cette mythique photo de Marc Riboud : « La jeune fille à la fleur », soit Jan Rose Kasmir, 17 ans, lors de la manifestation pacifique du 21/10/1967 à Washington contre la guerre au Vietnam. Livre disponible dans 2 ou 3 mois. Contenu : voir ci-dessous.

Robert Badinter : « Je crois à l’exemplarité des Hugo, Camus et Zola »

Ma chronique sur Fréquence Terre-RFI :

La Grande Librairie sur France 5 de ce mercredi 10 mars 2021, était exclusivement consacrée à Robert Badinter, l’avocat qui obtint l’abolition de la peine de mort en France, écrivain, grand amateur de théâtre et ardent lecteur des Victor Hugo et Albert Camus, militants de cette noble cause, qu’il cita devant les élus du peuple pour argumenter ses propos, mais aussi d’Émile Zola, auteur de J’accuse et défenseur de Dreyfus, injustement accusé d’avoir trahi la nation.

« Je crois à l’exemplarité » déclara d’emblée d’émission Robert Badinter. Et, avec Camus, il fut servi puisque, à travers la présente chronique, c’est encore une occasion pour feuilleter À Combat (Folio), son important essai reprenant les éditoriaux du temps où le Prix Nobel de Littérature fut journaliste au quotidien Combat.

J’y ai lu à la date du 23 mai 1945 : « La civilisation matérielle que nous poussons sans arrêt devant nous, ne se sauvera que si elle parvient un jour à libérer plus profondément tous ceux qu’elle asservit » ou, encore, dans le même éditorial, « Voulez-vous sérieusement être haïs par des hommes, comme vous avez haï des hommes ? Si non, accueillez ces hommes auprès de vous et faites-en vos égaux. »

Un mois plus tard, le 27 juin 1945, Camus écrivait : « Il faut faire de bonnes lois si l’on veut avoir de bons gouvernés » et, concernant le Procès Pétain auquel il assista en partie, tout en vilipendant « ce vieillard vaniteux », il dit attendre « un jugement explicite dont les attendus soient évidents pour tous » et lança « Toute condamnation à mort répugne à la morale ».

Robert Badinter rendit donc un hommage appuyé à ce genre d’écrivain engagé : « Mon parcours doit beaucoup à la lecture, elle est inhérente à ma vie. Je quittais les manuels de Droit pour Camus, dont l’Étranger et La Peste. Camus fut une grande source dans ma vie. Ce n’était pas seulement de la lecture de divertissement, mais elle fit partie de la formation de mon caractère et de mon idéal et me fit prendre conscience de la valeur du mot

‘‘juste’’… »

Sa reconnaissance envers Victor Hugo fut aussi omniprésente durant cette émission : « Je suis hugolâtre, car je suis convaincu qu’il a sauvé bien plus de vies humaines que n’importe quel avocat ! »

Et puis, autre comportement exemplaire aux yeux de l’avocat : Émile Zola.

« Un exemple parce que rien ne le força à se jeter dans l’affaire Dreyfus. Il fut poursuivi par une haine allant peut-être jusqu’à sa mort. Zola a été un moment de la conscience humaine et il a payé le prix de la vérité ! Il fut un grand exemple de courage. »

Et de conclure sur une généralité qu’il est bon de rappeler : « Le livre est un monde et s’en priver, c’est se priver d’une joie. »

Journée de la Femme

Mon dernier reportage dans « Morale Laïque Magazine » en ce 110e anniversaire de la « Journée de la Femme » : « Paix et Liberté avec des femmes résistantes, pacifiques et militantes » en compagnie de Mathilde de Jamblinne pour son dernier livre « Femmes dans la résistance », Joséphine Baker, résistante, Jane Fonda, activiste pacifiste, les fermières du Larzac qui menèrent durant dix ans une lutte pacifique (gagnée !) pour sauver leurs terres face aux armes, chars, jeeps…

Multimédia : La Pensée et les Hommes

À l’heure où l’information se propage à la vitesse de la lumière, qu’elle ne connaît pas toujours les limites entre l’éclaircissement d’idées, l’apport d’argumentations crédibles et la manipulation de l’opinion, que le temps de la réflexion est de plus en plus réduit à portion congrue au détriment de l’échange et du dialogue, voire de la simple recherche sur le plan de la culture générale, il est parfois bon de prendre une bouffée d’oxygène, de recharger ses batteries et de faire le point sereinement.

Pour ce faire, comme un conseil que vous donne une connaissance qui vous recommande un livre qui l’a touchée, un film qui l’a fait réfléchir sur un sujet bien spécifique, un morceau de musique qui l’a émue, une exposition qui la fascinée, je recommande à tous les Francophones, quel que soit le continent, de se connecter sur www.lapenseeetleshommes.be pour se faire une opinion sur cette manière d’aborder l’information.

À vrai dire, il s’agit du site de « La Pensée et les Hommes », une association qui a pour objet principal de diffuser des principes de tolérance, de fraternité, de progrès social et scientifique, où, d’ailleurs, la dimension environnementale de la société n’est pas absente, de permettre, surtout en ces temps perturbés, un libre examen et d’avoir un esprit critique.

Ce site propose une programmation multimédia, ce qui est assez rare, avec des émissions télévisées et radiophoniques, des présentations et débats sur des livres et revues et, ô sujet combien d’actualité, donc, de parcourir les « Toiles », c’est-à-dire le web, avec un regard éducatif et critique sur le monde.

Assurément, il s’agit bien d’une démarche journalistique et citoyenne que l’on pourrait cataloguer « d’utilité publique » !

Avec Dieu on ne discute pas !

Ma chronique radio de ce samedi 27 février 2021 sur Fréquence Terre-RFI :

Dans la préface de l’essai Avec Dieu on ne discute pas ! de Pierre Conesa paru aux Éditions Robert Laffont, il est expliqué que l’auteur ne se laisse pas encombrer par l’érudition ce qui lui permet de gagner en capacité de généralisation, d’oser des comparaisons hardies, de faire valoir son point de vue citoyen en quête de réponses claires et accessibles aux autres citoyens.

« Piocher dans différents récits, effectuer un journalisme d’investigation, trier des événements et des idées, rendre intelligibles pour le commun des mortels, un sujet particulièrement compliqué et sensible. »

Cette précision apparaît importante et l’auteur tente de comprendre les ressemblances dans les radicalismes religieux, plus significatifs, selon lui, que leurs différences.

À ce sujet, il ne faut pas méconnaître le fait que les dissensions se multiplient à mesure que la société se développe en un marché de plus en plus globalisé.

Fanatismes, intolérances religieuses, fondamentalismes augmentent au fur et à mesure que s’installe un système géopolitique, la mondialisation, balayant les concepts de solidarité et de convivialité.

« Un esprit anti-Lumières, une vision antilaïque, une conception du genre qui nie l’égalité entre l’homme et la femme… », sont autant de raisons pour les forces démocratiques de lutter aussi contre l’injuste concentration de richesses au sein d’une oligarchie de plus en plus méprisante.

Dans son imposant ouvrage de 370 pages, Pierre Conesa précise encore : « Le radicalisme ajoute au processus du fondamentalisme la législation religieuse de la violence qui exclut l’Autre, aussi bien par des mesures réglementaires que par la violence physique individuelle ou collective (…)

Les règles religieuses des radicaux nient nombre des grands acquis de la philosophie des Lumières comme l’universalisme, l’égalité entre les êtres et les sexes, la liberté de conscience, la liberté d’expression et de conversion, l’esprit critique et le doute…

Le radicalisme religieux s’appuie sur le triptyque : une foi, un peuple et une terre. La loi divine prévaut sur la loi humaine. La violence labellisée ‘‘religieuse’’ par les gourous du radicalisme est sainte, voire sanctifiante », fin de citation.

L’auteur avance aussi des chiffres, qu’il commente en signalant qu’aux États-Unis, les téléprédicateurs évangéliques font fortune dans le « Christ business » avec des revenus annuels de centaines de milliers de dollars, des villas somptueuses, des jets privés, des autos de luxe, alors que « le télécoranisme est aussi un énorme business, qu’il en serait de même avec les rabbins, l’un d’eux a une fortune évaluée à 355 millions de dollars, mais dans une moindre mesure chez les bouddhistes, bien qu’un bonze d’un temple à Bangkok a quand même été pointé avec quatre millions de dollars sur ses comptes bancaires et que l’organisation bouddhiste BBS compterait plusieurs businessmen richissimes.

Comment en est-on arrivé à pareille situation, en plus de la mondialisation de la société déjà évoquée ?

Parce que, selon l’auteur, « les penseurs des radicalismes sont des pratiquants assidus de l’historicisme qui ne retiennent que certains faits et excluent les autres. L’assemblage hétéroclite d’événements passés, parfois très anciens, vient conforter la théorie du complot caché, destiné à faire disparaître le groupe. Les théoriciens de la radicalisation ont reconstruit des systèmes mytho-historiques complets préparant à légitimer la violence vengeresse », telle est la conclusion du premier tiers de cet ouvrage.